Un noyau dur inchangé
Souvent raillée par son déficit de formation, l’appel massif aux joueurs étrangers et le peu d’internationaux anglais évoluant dans les grosses écuries de Premier League, l’Angleterre n’a jamais connu un tel décalage entre son football de clubs éclatant et une sélection la tête dans le sceau depuis son élimination de l’Euro. Dans ce contexte, Fabio Capello n’a pas une immense marge de manœuvre au niveau d’un groupe qui n’a que peu évolué depuis l’intronisation en décembre 2007 de l’entraîneur italien en lieu et place de Steve McClaren. Des 23 joueurs retenus pour affronter les Bleus mercredi soir au Stade de France, seize ont disputé la Coupe du monde 2006 en Allemagne.
Plus surprenant encore, « Don Fabio » n’a convoqué aucun néophyte le 6 février dernier contre la Suisse (victoire 2-1 à Wembley), ni face aux Bleus. « Il y a évidemment des choses que nous devons améliorer mais je n’ai pas senti un manque de confiance chez les joueurs », avait-il justifié après la rencontre. Les recours au vétéran David James (37 ans) dans les buts ou à David Beckham au milieu illustrent tout à la fois ce choix de l’expérience et une relève qui tarde à pointer le bout de son nez. Les espoirs comme Joe Hart (Manchester City), Justin Hoyte (Arsenal), Anton Ferdinand (West Ham) ou Gabriel Agbonlahor (Aston Villa) vont donc devoir patienter.
Le culte de la gagne
« Il veut une autre mentalité. Il veut faire de nous des vainqueurs mais le chemin est encore long ». Les propos de Steven Gerrard à la BBC résument bien le sentiment de confiance qu’inspire Fabio Capello à ses hommes. « C’est un manager qui sait vraiment ce qu’il veut, corrobore l’attaquant de Liverpool Peter Crouch. Il a un vrai charisme. Quand il arrive dans une pièce, chacun le remarque instantanément. » Réputé pour son autorité et son goût de la discipline, couvert de titres avec la Roma, la Juventus et plus le Real Madrid, Fabio Capello fait, pour l’heure, l’unanimité. A commencer par David Beckham, même si ce dernier n’a pas toujours été ménagé par l’Italien quand les deux hommes collaboraient au Real. « Il est sans aucun doute l'homme de la situation, résume l’ancienne star de Manchester United. Il a ses propres méthodes, il sait comment faire jouer ses équipes. C'est de ça dont l'Angleterre a besoin. Il nous faut retrouver la confiance de la nation. »
L’intronisation du 4-1-4-1
Intransigeant sur les fondamentaux et notamment le primat du bloc défensif, Fabio Capello s’oriente pour l’heure vers un 4-1-4-1 qui lui permet surtout de faire cohabiter ses pépites dans l’entrejeu. En premier lieu Lampard et Gerrard, qui se sont souvent marchés sur les pieds ces dernières saisons. Un schéma qui a plutôt bien fonctionné contre la Suisse début février à Wembley, et qui sera reconduit sur la pelouse du SDF mercredi soir. Comme face aux Helvètes, le Mancunien Wayne Rooney évoluera seul en pointe. Charge notamment au feu follet de Chelsea Joe Cole et à David Beckham (ou au jeune milieu de Blackburn David Bentley) de l’alimenter.