De toutes les stars qui composent l’effectif de Manchester United, Rio Ferdinand est le plus énigmatique. Pas forcément le plus apprécié des supporters mancuniens, le joueur a su par son travail, et son charisme, se faire respecter au sein du club. Avec son visage de dur sorti tout droit de Peckham, l’un des quartiers les plus chauds d’Angleterre dans le sud de Londres où il a grandi, le joueur traîne derrière lui une réputation de « bad boy ». Les frasques et les aventures du défenseur de Manchester United ont souvent fait le bonheur des tabloïds d’outre-Manche. De l’une des première vidéos d’orgies de stars du football disponible sur Internet en 2000, jusqu’à sa blessure au genou en regardant la télévision chez lui, Rio Ferdinand a aussi « raté » un contrôle anti-dopage. Cette dernière incartade lui a valu une suspension de huit mois qui le prive en 2004 de l’Euro au Portugal.
Issu d’une famille de footballeurs, Rio Ferdinand est le neveu de Les Ferdinand, ancien international anglais, et le frère d’Anton (West Ham), défenseur central comme lui. A 14 ans il signe à West Ham dans l’une des « academy » les plus réputées du pays. L’histoire retiendra que le joueur fera ses débuts pro en même temps que Franck Lampard le milieu de terrain de Chelsea, issu lui aussi de West Ham. Les deux joueurs entrent ensemble en cours de jeu lors d’un match face à Sheffield Wednesday en 1996 (1-1). À l’époque le jeune Ferdinand profite à fond de la vie. Il se présente un matin ivre mort à l’entraînement avant de s’écrouler sur le terrain. Harry Redknapp, alors manager de West Ham, le sanctionne. La réputation du joueur est faite. Rio Ferdinand traîne ensuite sa mauvaise réputation dont il rétablira certaines vérités dans une autobiographie publiée en 2006 intitulé « My Story »
« Je voulais qu’on lise ma version sur toutes les affaires où j’ai été mêlé. Et je pense que les gens ont découvert quelqu’un de différent de celui dont les médias donnent une mauvaise image », déclare le joueur. Passé par Leeds avec lequel il va atteindre les demi-finales de la C1, Rio Ferdinand rejoint Manchester United après la déliquescence du club du Yorkshire. Sous la houlette d’Alex Ferguson, il va définitivement se calmer et progresser pour devenir le défenseur que l’on connaît. Une sorte de « Laurent Blanc anglais » pour la qualité de sa relance, sa vision du jeu, la propreté de ses tacles, et son placement qui font le bonheur de son entraîneur : « Il a justifié le gros investissement consenti sur lui. Je ne connais pas de meilleur défenseur central au monde », dit de lui son coach. Le « Bad Boy » est désormais le capitaine de l’Angleterre.