Patrice Evra, sur ces deux matchs vous avez peut-être une place de titulaire à prendre sur le flanc gauche. En tout cas, vous postulez ?
Non, je ne postule à rien du tout. Je fais mes matchs. La confiance que j’ai avec Manchester, j’essaie de la reproduire en équipe de France. Le sélectionneur a fait de nouveau appel à moi. Depuis que je suis revenu chez les Bleus, j’ai fait de bonnes prestations, donc à moi de continuer sur cette voie-là.
Auparavant, vous n’auriez pas réagi de la même façon…
Je ne me prends plus la tête comme auparavant où j’étais peut-être plus impulsif. Quand je ne jouais pas, je disais que j’étais impatient. Ce n’est plus le cas : je suis patient, je sais que mon tour viendra. Et je ne me prends pas la tête à postuler à un poste. Je fais mes prestations du mieux possible et c’est tout.
Vous êtes moins impulsif. Doit-on y voir là que vous avez été repris de volée par le sélectionneur ?
Non, non, non. J’ai juste plus de maturité. Je suis père de famille, beaucoup de choses ont évolué. Il y a aussi mon expérience à l’étranger qui joue. Je suis plus calme. Quand j’étais en France, j’étais impatient et tout était facile pour moi. Et notamment mon entrée dans l’équipe de France, puisque nous revenions d’une finale de Ligue des Champions avec Monaco. Donc tout était plus facile pour moi.
N’est-ce plus le cas aujourd’hui ?
Aujourd’hui, tout ce que je fais est vraiment le résultat de mon travail, c’est pour ça que je suis plus calme, plus relax.
« L’Ukraine ne va pas nous faire de cadeaux »
Avez-vous en tête que l’équipe de France pourrait ne pas se qualifier pour l’Euro ?
Je n’y pense même pas à cette éventualité. Mais il faut se la mettre dans la tête pour justement se mettre de la pression avant ce match contre l’Ukraine. Je n’y pense pas, mais on sait que tout peut arriver dans le football. Et ça, il ne faut pas l’oublier.
Quand vous entendez le sélectionneur ukrainien dire que les Ukrainiens veulent faire payer la France, quelle est votre réaction ?
De toute façon, le sélectionneur nous a prévenu que l’Ukraine n’allait pas nous faire de cadeaux. Avec ces déclarations, c’était la plus belle des manières de nous le prouver. Nous nous attendons vraiment à un match difficile. Ils sont déjà éliminés, et s’ils peuvent embarquer la France avec eux, ils le feront avec un grand plaisir.
Ces derniers jours, il neigeait à Kiev. Avez-vous conscience que le changement va être radical ?
J’ai joué là-bas il y a un mois avec Manchester. Il faisait déjà très froid. Avant de partir, un dirigeant m’avait dit : « Dans un mois, vous verrez Monsieur Evra qu’il fera encore plus froid. » Donc nous sommes prévenus. Il va falloir bien se couvrir, mais nous allons nous réchauffer en courant comme des fous sur le terrain.
Comment évoque-t-on cet Ecosse-Italie à Manchester ?
Avec l’entraîneur et Fletcher, ça a chambré un peu. C’est vraiment le match de leur vie et les Ecossais sont prêts. Ce match est très important pour eux. Ils ont vraiment envie de se qualifier, et ils en sont persuadés. Avec l’ambiance qu’il y a en Ecosse, c’est faisable. J’ai lu que les joueurs écossais eux-mêmes ne s’attendaient pas à pouvoir se qualifier lors de ce dernier match. Donc ils vont tout donner. Et quand on joue au football avec son cœur, on peut faire beaucoup de choses. L’Ecosse, chez elle, peut vraiment gagner ce match.