Jusqu’à mercredi soir, Nicolas Anelka gardait un bon souvenir de Moscou. Sur cette même pelouse du stade Loujniki, là où se tenait cette finale cent pour cent anglaise de la Ligue des Champions, Anelka avait inscrit son premier but avec l’équipe de France. C’était le 10 octobre 1998, soit peu de temps après avoir appris de la bouche d’Aimé Jacquet qu’il ne disputerait pas le Mondial, alors qu’il avait été retenu parmi les pré-sélectionnés. Ce premier but en Bleu un peu moins de trois mois après le coup dur avait remis un peu de baume au cœur au joueur, alors porteur du maillot d’Arsenal. Cette réalisation sur un tir croisé consécutif à une ouverture millimétrée de Zidane, Anelka y a peut-être repensé en pénétrant sur le terrain. D’ailleurs, quand Avram Grant l’a envoyé s’échauffer au retour des vestiaires, c’est tout sourire que l’attaquant français a exécuté son premier sprint.
La banane, « Nico » ne l’avait plus lorsqu’il s’est présenté devant Van der Sar pour frapper son tir au but, une trentaine de minutes après son entrée en jeu à la place de Cole. Soit près de deux heures du matin, heure locale. Giggs ayant fait le métier juste avant, le Français ne pouvait pas se permettre de se manquer. Malheureusement pour lui, sa frappe, trop facile à lire pour un gardien comme VDS, n’a pas fait mouche. A l’image d’une soirée noire pour lui qui n’était entré que durant la prolongation et n’avait touché son premier ballon que sept minutes plus tard. La désillusion donc pour Anelka et les larmes, mais de bonheur celles-là, pour Patrice Evra. Le latéral gauche de Manchester avait déjà disputé une finale de Ligue des Champions, en 2004 avec Monaco, perdue face au FC Porto (3-0). Lors des tours précédents, le gamin des Ulis avait alors déjà éliminé Chelsea. Mercredi, il a fait mieux, s’offrant de nouveau un succès face aux Blues. Mais synonyme cette fois de victoire finale en Ligue des Champions. Et donc de doublé seulement quelques jours après avoir obtenu un nouveau titre de champion d’Angleterre, devant Chelsea.
Des trois Frenchies présents sur la pelouse au coup d’envoi mercredi, Makelele, Malouda et lui, Evra est en plus celui qui s’en est le mieux sorti sur le plan du jeu. Très disponible dans son couloir gauche, le Mancunien s’est parfaitement entendu en première mi-temps avec Cristiano Ronaldo. Les combinaisons des deux hommes ont fait beaucoup de mal à Chelsea. Durant la prolongation, un énième sprint d’Evra a été de trop pour ses adversaires mais Makelele a eu l’intelligence de s’effacer devant son compatriote pour éviter de provoquer un penalty. Un des gestes les plus efficaces de l’international français, pris à la gorge en début de match par ses opposants du milieu de terrain. Comme son équipe, il a retrouvé de quoi respirer par la suite mais on l’avait déjà vu plus à son aise que mercredi. Titularisé une fois de plus en Ligue des Champions, lui qui n’a pas beaucoup joué d’entrée en championnat cette saison, Florent Malouda a eu lui aussi beaucoup de mal à se montrer à son avantage. Malgré beaucoup d’envie, le vice champion du monde 2006 a rarement pris le dessus sur Brown. Ce qu’il aurait pu espérer de mieux dans cette partie ? Que l’arbitre slovaque Lubos Michel siffle penalty à la 76eme minute après que l'ancien Lyonnais se soit écroulé dans la surface au sortir d’un duel avec Ferdinand. Les Français n’étaient décidément pas en réussite dans cet exercice mercredi soir…