Samir Nasri, comment se passe votre aventure anglaise ?
Ça se passe bien, l’intégration s’est bien réalisée. J’en suis très heureux. Ça me permet aussi de revenir en sélection. L’ambiance est bonne. C’est le même délire parce que l’effectif est très jeune. Je ne suis pas dépaysé d’autant qu’il y a beaucoup de joueurs qui parlent français, je ne suis pas arrivé en terrain inconnu. Les Français et les francophones de l’équipe m’ont mis tout de suite à l’aise.
Appréciez-vous le fond de jeu d’Arsenal ?
Oui, surtout lors du dernier match (ndlr : face à Newcastle), on a retrouvé le jeu flamboyant d’Arsenal. Dans la préparation, ça s’est bien passé. Il y a cette culture à Arsenal même à l’entraînement. C’est un réel plaisir de jouer dans une équipe qui tourne.
Vous avez aussi pu vous confronter à Joey Barton face à Newcastle. Comment vous êtes-vous préparé à ce combat physique ?
C’est le championnat anglais, c’est comme ça, il faut s’y faire. J’ai été préparé quand je suis parti là-bas, on m’a dit que j’allais me casser la gueule parce que c’était un peu physique. J’ai un préparateur physique d’Arsenal qui me fait faire un programme spécialisé, pour tenir plus le choc.
Votre transfert à Arsenal peut-il vous permettre de prendre une nouvelle dimension en équipe de France ?
Lorsqu’on évolue à Arsenal, on entre dans le gratin du football européen. On se rapproche beaucoup du niveau international et de l’équipe de France. Il y a beaucoup d’internationaux dans l’équipe. Lorsque je suis rentré après le rassemblement de la Suède, nous n’étions que deux à l’entraînement.
« Je ne pouvais pas rêver mieux comme débuts »
Etes-vous impatient de retrouver la Ligue des Champions avec de nouvelles ambitions ?
C’est aussi pour ça que j’ai choisi Arsenal. On a un groupe (ndlr : Groupe G avec Porto, Fenerbahçe, Dynamo Kiev) qui est assez délicat avec des équipes qui sont difficiles à jouer à l’extérieur. J’ai toute confiance en cette équipe. L’objectif est d’aller le plus loin possible avec Arsenal. C’est un objectif et il n’est pas caché.
Comment avez-vous vécu vos débuts tonitruants en inscrivant un but dès la première journée (ndlr : face à West Bromwich Albion) ?
Beaucoup de bonheur parce que je ne pouvais pas rêver mieux comme début. En dehors de ça, il y a aussi eu la victoire et mon bon comportement pendant le match.
Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans le jeu d’Arsenal ?
L’intensité, le mouvement, le jeu à une ou deux touches. C’est ce qui m’a frappé. Je ne joue pas contre nature. Je joue sur le côté mais je suis libre de mes mouvements et de faire ce que je sais faire. Le coach me dit d’essayer de prendre le ballon et de provoquer. A Arsenal, il y a toujours des solutions, on lâche toujours la balle parce qu’il y a toujours du mouvement.
« Compliqué de parler anglais »
Votre position peut-elle évoluer ?
Pour l’instant sur le côté, tout va bien, je me sens bien. En plus j’ai Gaël (Clichy, ndlr) derrière moi, ça m’aide beaucoup. Notre association marche bien. Je suis plutôt en meneur de jeu excentré. Il n’y a pas d’ailiers de débordement, il laisse plutôt ça pour les latéraux qui dédoublent sur le côté. Etant donné que je ne suis pas ailier de formation, ça me convient.
Comment avez-vous été accueilli par les supporters ?
Je n’ai pas senti de pression populaire ou médiatique parce que le club protège beaucoup les joueurs. J’ai pu entendre qu’on me présentait comme le successeur de Robert Pires. C’est quelque chose de difficile à porter parce qu’il a fait de belles choses à Arsenal. C’est flatteur mais il faut que je m’adapte au jeu, que je m’acclimate. J’aimerais faire la carrière qu’il a faite à Arsenal.
Comment vous exprimez-vous dans la presse ?
Il vaut mieux dire qu’on ne sait pas parler anglais parce que les interviews sont déformées. J’ai déjà parlé avec la communication du club en leur disant que je ne maîtrisais pas l’anglais. Même si je le maîtrise, ce n’est pas sûr que je fasse des interviews pour les journaux anglais parce que je regarde comment ça se passe.
Et dans le vestiaire?
C’est compliqué de parler anglais dans le vestiaire ! Tout le monde parle français avec les Suisses, les Africains, les Français et le coach (rires). Lorsqu’il y a des entretiens avec les joueurs, il parle français sauf lors des réunions où il parle anglais.