Comme beaucoup de stars, Cristiano Ronaldo sait se faire attendre. Mais le retard de deux heures et vingt minutes n’était pas de la faute de l’icône portugaise. Le Ballon d’Or 2008 s’est posé ce matin à Roissy-Charles de Gaulle, et non au Bourget comme prévu initialement. Ce qui l’a contraint à ne débarquer dans les studios de TF1 qu’au milieu de l’émission dont il était l’invité. Et où tout le monde l’attendait impatiemment, famille comprise. Pour que tout soit parfait, Christian Jeanpierre et son équipe avaient pourtant répété une ultime fois la veille. A l’arrivée, rien ne s’est passé comme prévu. Ronaldo, très ému à la remise de ce trophée qu’il avait hâte de toucher, ne sera resté qu’une vingtaine de minutes en plateau, au grand désarroi d’Eric Hannezo et de ses collaborateurs. Moment de panique également un peu plus tard quand le meilleur buteur des Red Devils se présenta dans l’auditorium pour une conférence de presse express. Presse écrite, télés et radios : tout le monde s’est battu pour approcher le Portugais. Pendant ce temps, les supporters, déjà présents en début de matinée, attendaient de voir leur idole à sa sortie. Peine perdue puisque Ronaldo a préféré emprunter la sortie de secours. En revanche, Football365 n’a pas raté son rendez-vous avec le joueur des Diables Rouges pour sa première interview avec son Ballon d’Or dans les bras.
Cristiano Ronaldo, ce Ballon d’Or est-il une consécration ?
Oui, c’est vraiment la réalisation d’un rêve et la consécration de quelque chose après lequel je courrais depuis plusieurs années. Ce trophée est vraiment l’aboutissement de ce que je voulais depuis tout jeune. Beaucoup de joueurs méritaient également de le gagner. Mais c’est moi qui ai eu ce privilège. Je réalise un rêve de gosse. Je l’ai, je suis content, mais je veux encore plus maintenant. Notamment au niveau de la sélection nationale du Portugal avec laquelle j’espère remporter rapidement une grande compétition.
Que représente-t-il concrètement ?
Il représente ce que je pouvais obtenir de plus grand en ce moment en terme de football et c’est vraiment énorme. Je me sens un peu sur le toit du monde actuellement dans la mesure où toutes mes qualités sont enfin reconnues. C’est très spécial mais le plus dur est de rester aussi haut. Je suis quelqu’un d’ambitieux donc j’ai bon espoir. Je veux continuer sur ma lancée. Si je n’avais pas cette idée de poursuivre aujourd’hui mon apprentissage, je n’aurais rien à faire ici. Ce n’est pas mon genre de me reposer sur ce qui est déjà acquis.
Pensez-vous que ces nombreuses années passées à Manchester et cette victoire en Ligue des Champions ont fait la différence face à vos concurrents ?
Oui, effectivement. Cela fait cinq ans que je joue à Manchester. J’y suis chez moi car comme vous le savez, j’y suis arrivé très jeune (ndlr : à 18 ans). J’y ai remporté beaucoup de trophées, collectivement comme de manière individuelle. Aujourd’hui, c’est évidemment un trophée individuel qui me rend heureux mais il faut que nous continuions à gagner toujours plus. Je suis sur la bonne voie et ce Ballon d’Or m’y incite encore davantage. Pour ce qui est de la Ligue des Champions, je savais très bien qu’un joueur qui la remporte a beaucoup plus de chances d’être Ballon d’Or qu’un autre.
« Je dois à Scolari ce que je suis aujourd’hui »
Luiz Felipe Scolari, qui a fait beaucoup pour vous, est-il également pour beaucoup dans ce trophée ?
Bien sûr. Il a beaucoup compté pour moi. Il a cru en moi quand j’étais très jeune. Je lui dois ce que je suis aujourd’hui, comme joueur mais également comme personne.
Ce Ballon d’Or vous donne-t-il des responsabilités supplémentaires ?
Oui, bien sûr. C’est une grande responsabilité mais je suis habitué à cela depuis tout jeune. Après ce trophée, je sais que les gens vont encore m’attendre davantage durant les mois à venir. Mais ce n’est pas de nature à m’effrayer car je suis habitué à la pression. Et puis, de toute façon, je continuerai de jouer mon football.
Quel est votre objectif personnel désormais ?
Je veux continuer à travailler comme je l’ai fait jusqu’à maintenant, avec toujours autant d’ambition et cette envie de remporter une nouvelle Ligue des Champions avec Manchester United. Je pense aussi à gagner le prix FIFA de meilleur joueur de l’année qui sera remis bientôt. J’ai toujours autant envie de gagner car il faut toujours se remettre en questions et ne jamais s’arrêter sur la route du succès.
Quels sont à vos yeux vos qualités et défauts ?
Ma plus grande force est peut-être mon caractère et ma plus grande faiblesse le fait de détester perdre.
« Je n’ai jamais dit que j’étais le meilleur du monde »
Comprenez-vous vos détracteurs qui vous reprochent d’avoir la grosse tête et vous accusent de beaucoup plonger ?
Je tiens à préciser quelque chose : je n’ai jamais dit que j’étais le meilleur joueur du monde. J’ai seulement dit que j’étais le mieux placé pour remporter ce Ballon d’Or. Ceux qui me connaissent savent que je respecte mes adversaires. Et de toute façon, la question n’est pas de dire que l’on est ou pas le meilleur joueur du monde mais de tout faire pour le devenir. Concernant les critiques sur ma soi-disante aptitude à plonger, j’ai l’habitude de les entendre. Je ne suis pas d’accord avec ce qui se dit sur moi mais je réponds sur le terrain où je démontre mes qualités.
Quel est pour vous le meilleur joueur français ?
Il y a plusieurs joueurs auxquels je pense, mais me viennent surtout naturellement à la bouche les noms de Henry, Benzema et Ribéry (Ndrl : Les deux derniers faisaient également partie des nominés pour le Ballon d’Or). Ce sont tous trois des joueurs de talent qui méritent que l’on parle d’eux car ils sont vraiment d’une dimension beaucoup plus grande que leurs compatriotes.
Si vous n’aviez pas été footballeur, qu’auriez-vous fait ?
J’ai d’autres talents. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas qu’un joueur de foot. Pour l’instant, c’est cet aspect-là qui me réussit et me fait connaître. Quant à savoir ce que j’aurais fait si je n’étais pas footballeur, je n’ai pas du tout la tête à répondre à cette question maintenant.