Patrice Evra, on ne vous demande pas comment ça va après cette victoire en Ligue des Champions ?
Non, ça va, ça, surtout que j'ai eu les félicitations du staff et de mes coéquipiers. Je n'ai pas eu besoin d'apporter ma joie, il y en avait suffisamment dans ce groupe. Tout le monde est content. Quand on me dit que j'ai déjà joué 51 matchs, quand j'arrive ici avec Makelele, la première chose que j'ai envie sur le bord du terrain, c'est de trouver un ballon et de m'entraîner. Le moral est parfait.
Comment ça se passe avec Makelele, Anelka, Malouda, qui eux ont perdu cette finale ?
Très bien. Vous me connaissez, j'ai chambré et je leur ai dit merci. On rigole. Et quand on voit le match qu'a fait Makelele à Moscou, je lui ai demandé s'il n'avait pas trafiqué sa date de naissance parce qu'on aurait cru qu'il était beaucoup plus jeune. Anelka, je ne l'ai pas chambré. En Angleterre, ils disent beaucoup que c'est lui qui a fait perdre Chelsea, mais je ne suis pas d'accord. Le moment où j'ai eu le plus peur de passer une deuxième fois à côté de ce trophée, c'est quand Terry s'avance pour tirer son penalty. S'il marque, aujourd'hui, je ne suis pas champion d'Europe. Dès qu'il a raté, je me suis dit que c'était bon, qu'il ne pouvait plus rien nous arriver, que ça soit Anelka ou un autre qui rate, j'étais persuadé quand Terry a raté que nous étions champions d'Europe. Je n'ai pas du tout parlé à Nico de son penalty, j'ai juste dit qu'il était allé en finale, c'est tout. Et ce n'est pas parce que je suis Français que je dis ça. Beaucoup de joueurs de Manchester disent la même chose. Ils ne pensent pas au penalty de Anelka, mais à celui de John Terry.
La déception de ces joueurs s'efface plus vite que votre joie ?
Mais moi aussi j'ai de la déception : celle de n'avoir pas pu communier avec nos supporters à Manchester. Ça a été une déception. Après la finale, vu qu'on ne fêtait pas le titre à Manchester, je suis passé tout de suite à l'Euro.
Propos recueillis par Olivier De Los Bueis, à Tignes