Ils y croyaient. En février 2006, Robbie Williams, le célèbre chanteur et ancien membre du Boys band, Take That, signe un chèque de 250 000 livres (360 000 euros environ). Chacun se met alors à rêver d’un destin en or pour le Port Vale FC. Ce modeste club anglais de la ville de Stoke-on-Trent, cité industrielle située à 70 kilomètres au sud de Manchester, est au bord de la faillite et végète en troisième division anglaise. L’arrivée du chanteur à succès comme actionnaire principal rappelle celle d’Elton John à Watford à la fin des années 70.
Le « gay » président du club londonien ramène Watford de quatrième division à la deuxième place de la Premier League entre 1978 et 1983. Avec une finale de Cup en prime un an après. « Quand on a appris que Robbie arrivait, on s’est dit qu’il allait faire comme Elton John avec Watford », clament alors les supporters. Mais depuis ce beau jour de février 2006, le chanteur n’a pas remis une livre dans les caisses. Pire, son siège dans la tribune présidentielle reste éternellement vide à chacun des matchs de l’équipe. Un scénario catastrophe pour ce club créé en 1876 et rival de Stoke City, le principal club de la ville. Pourtant c’est tout ce que voulaient les supporters de Port Vale : rattraper et dépasser leur rival local : « L’an prochain on sera en Premier League et eux en quatrième division. Pour les derbies, ils peuvent rêver », chantent les supporters des Potters.
Si le chèque de Robbie Williams a sauvé le club il y a deux ans, qu’en est-il maintenant ? Avec un déficit estimé autour du million d’euros, le club connaît de nouveau des difficultés financières. Et désormais, le chanteur a d’autres chats à fouetter. Le football ? Il y pense à travers les matchs qu’il dispute avec le FC Hollywood, club créé à Los Angeles par…Franck Leboeuf. Pour les Valiants (le surnom de l’équipe), l’heure est grave. L’équipe est scotchée depuis plusieurs mois à la dernière place de la League One (D3) et file vers la relégation. Seul un miracle peut la sauver. Un miracle nommé Williams ? : « Qu’il vienne au stade. Au moins une fois. Le stade serait plein, la presse serait là. Ca donnerait envie à des sponsors. Une fois ! Ce n’est pas trop demander », enrage un supporter du club.