Jamais deux sans trois ? Nul doute que Manchester United espère que cet adage se confirme une nouvelle fois avant d’aborder sa troisième finale de C1. Les Red Devils ont déjà disputé et remporté les deux précédentes finales auxquelles ils ont participé. En 1968 face au Benfica Lisbonne (3-1) puis en 1999 dans des conditions miraculeuses face au Bayern Munich (2-1). Le club anglais fait partie des trois seuls clubs à compter autant de victoires que de participations à la finale. Nottingham Forest (1979 et 1980) et le FC Porto (1987 et 2004) sont ces deux autres clubs. Mais la victoire de 1999 met fin à une chasse qui va durer plus de trente ans après la victoire de 1968 de l’équipe de Georges Best. Une victoire obtenue miraculeusement et qui reste dans la légende de la C1.
Lorsque Manchester United se présente au Camp Nou le 26 mai 1999 pour jouer la finale de la Ligue des Champions face au Bayern Munich, ce sont deux équipes qui courent après leur glorieux passé qui vont s’affronter. Les Red Devils attendent depuis 31 ans de reconquérir l’Europe alors que la dernière victoire du Bayern Munich remonte à 1976 et un soir de défaite stéphanoise dont toute la France se souvient encore. Dans un stade catalan rempli de drapeaux rouge, Manchester United va décrocher son deuxième titre européen de manière miraculeuse. Dominée pendant toute la partie, l’équipe dans laquelle évolue le jeune Beckham et le déjà expérimenté Ryan Giggs va être menée 1-0 pendant une bonne partie du match. Elle va frôler la correction à deux reprises lorsque l’équipe allemande tire sur le poteau par Scholl et sur la barre par Jancker.
Impuissant, Alex Ferguson ne fait qu’assister à la démonstration du Bayern. Lothar Matthaüs, le vieux capitaine, s’apprête à recevoir le trophée après être sorti quelques minutes avant la fin du match. On joue la 90eme minute. Manchester United se prépare à tirer un dernier corner par Beckham. Celui-ci, renvoyé maladroitement par la défense bavaroise, atterrit dans les pieds de Ryan Giggs qui rate complètement sa volée et celle-ci arrive par hasard sur Teddy Sheringham qui a cinq mètres du but égalise. On pense alors à la prolongation. Mais sur l’engagement, les Red Devils obtiennent un nouveau corner, toujours tiré par Beckam. Au premier poteau, Sheringham dévie sans le vouloir pour Solskjaer, placé au deuxième qui propulse le ballon dans le but et donne la victoire à son équipe. Deux buts dans les arrêts de jeu, du jamais vu en finale d’une Coupe d’Europe. « Dieu était anglais », titrera la presse le lendemain.