En concurrence avec Hatem Ben Arfa pour une place dans les 23, Samir Nasri l’était aussi un peu avec le Lyonnais sur le terrain des transferts. Annoncés tous les deux à Arsenal, c’est finalement le Marseillais qui endossera le premier la tenue des Gunners. Le jeune milieu, qui venait de prolonger à l’OM jusqu’en 2012, a fait jouer rapidement sa clause libératoire pour tenter l’aventure anglaise. Si l’Espagne et l’Italie le courtisaient depuis longtemps, c’est bien le meilleur championnat du monde qui verra Nasri gambader sur ses vertes pelouses. Le Real Madrid et l’Inter Milan, un peu légers sur ce dossier, se sont fait couper l’herbe sous le pied. Le petit Marseillais doit en effet s’engager pour quatre ans avec le club d’Arsène Wenger : tout s’est réglé définitivement en début de semaine. Nasri pourra penser uniquement à l’équipe de France à partir de ce mercredi.
En Angleterre, Samir Nasri va avoir l’occasion de faire taire ceux qui l’ont bêtement sifflé cette saison avant de l’ovationner au Vélodrome après son magnifique dernier but olympien contre Strasbourg. « Sam » se voulait plus décisif cette saison : avec six buts et dix passes décisives, le milieu de terrain n’a pas vraiment failli statistiquement. Alors que serait-il advenu s’il avait eu la tête et les jambes uniquement à son travail ? Blessé lors de la préparation physique si importante pour lui contre Bordeaux, le joueur a eu du mal toute la saison. Une hospitalisation pour un syndrome méningé ne l’a pas aidé à recouvrer tous ses moyens. Les plus optimistes voient donc dans cette saison une réussite plus qu’un échec. Car avec de tels handicaps, réussir une saison aussi bonne relèverait du miracle pour bien des joueurs.
Perturbé également par les longues et épineuses négociations concernant sa prolongation de contrat et donc son éventuel transfert, Nasri, bougé plusieurs fois publiquement par Eric Gerets, va avoir l’occasion de démontrer qu’il est bien un tout grand. Loin de son cocon familial, Nasri va passer à l’âge adulte. En Angleterre, il va se rendre compte que le traitement déjà dur dont il est l’objet n’est qu’un apéritif. Nasri devra donc progresser physiquement et s’endurcir. Techniquement, dans le jeu rapide et léché du système Wenger, il devra également démontrer ce dont il est capable. Sur le papier, le duo Fabregas-Nasri devrait en affoler plus d’un. Après une saison entre ombre et lumière, Nasri a l’occasion d’exploser réellement. A lui de jouer. En tout cas, il y en a un qui doit être content : Emmanuel Adebayor peut déjà rêver des caviars qu’il va recevoir…